24 septembre 2020
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UV Boosting : des UV pour améliorer la santé des vignes et réduire les phytosanitaires

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La start-up UV Boosting propose de stimuler la défense immunitaire des vignes en diffusant des ultraviolets (UV). L’objectif est de réduire l’utilisation de pesticides. Le procédé est actuellement testé dans les vignes. Les effets semblent positifs sur le mildiou et l’oïdium.
Par Cathy Pierre, Publié il y a 1 mois à 13h09

Hélios se fera-t-il une place au soleil ? Pour l’instant, ce concept est testé dans les vignes où il diffuse des flashs d’ultraviolets. A l’origine du produit, la start-up UV Boosting revendique une « protection du vignoble par exposition UV ». Hélios agit comme un stimulateur de défenses naturelles. « En exposant la vigne aux UV, nous induisons un stress, temporaire et non destructif, qui préparera la plante à une attaque ultérieure de pathogène. La vigne se défendra ainsi plus efficacement et plus rapidement face à ces attaques », explique Julien Laszlo, de la société UV Boosting.

Plusieurs modalités testées dans les vignes

Depuis 2018, des essais sont menés avec différentes modalités. Sur la première, des UV sont appliqués tous les dix jours du stade 5-6 feuilles jusqu’à la véraison, sans aucun traitement complémentaire. Sur les autres tests, les UV accompagnent un programme phytosanitaire allégé.

Les ultraviolets ne suffisent pas, mais permettent de réduire les pesticides

Selon UV boosting, la technique réduit la pression d’oïdium ou de mildiou, par rapport aux modalités qui n’ont pas reçu d’UV. « En revanche, un traitement à l’ultraviolet seul ne suffit pas à garantir un niveau de protection suffisant. Notre solution doit donc être couplée à un programme phytosanitaire allégé », indique Julien Lazlo. Les meilleurs résultats ont été obtenus avec un programme réalisé à demi-dose et un passage d’UV tous les dix jours. Cette modalité est ainsi « équivalente à des traitements réalisés à pleine dose ».

Botrytis et oïdium : des effets également positifs sur la fraise

D’autres cultures pourraient bénéficier de ce traitement. « Outre la vigne, nous avons des résultats intéressants sur la fraise. Nous constatons des effets prometteurs sur l’oïdium et botrytis. D’autres cultures sont également en test », confie Julien Laszlo. Mais pour l’heure, l’entreprise ne propose que des machines pour les vignerons ou les producteurs de fraises.

Un déploiement d’une dizaine de machines

La start-up a lancé l’industrialisation de sa première gamme d’équipements pour les vignerons. En juin, la jeune entreprise a déployé 10 machines de présérie sur le territoire français. L’Helios 2DR est ainsi attelée à tracteur un tracteur interligne. L’énergie nécessaire au fonctionnement des lampes est produite grâce à la prise de force. Le traitement est réalisé à une vitesse comprise entre 2 et 5 km/h. « L’équipement se pilote comme une rogneuse, sans difficulté », selon le constructeur. La technologie peut également être adaptée sur un enjambeur, avec l’Hélios 2R. Enfin, l’Hélios 2S est conçu pour les producteurs de fraises. La gamme Hélios est donc visible dans quatre des grandes régions viticoles françaises sensibles aux maladies fongiques : la Bourgogne, l’Aquitaine, la Champagne et les Pays de la Loire.

Des chercheurs d’Avignon à l’origine du traitement UV des plantes
Deux chercheurs de l’université d’Avignon sont à l’origine de ce projet : Urban et Jawad Aarrouf. Les deux hommes ont breveté leur système de protection des plantes par UV. Pour y parvenir, plusieurs années de travail en laboratoire, de tests dans les serres et les vignes ont été nécessaires. Ce temps a permis de définir les bonnes fréquences, puissances et longueurs d’onde des UV.