13 janvier 2020
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Le tracteur électrique est devenu la star de mon exploitation !

Florent Barrière a investi cette année dans un tracteur électrique. Acheté initialement pour la production de légumes, l’outil est rapidement sorti de son domaine réservé.
Par R. S.A., Publié il y a 2 ans à 11h01
Florent Barrière a acheté un tracteur électrique en mars 2019. L’occasion d’un retour d’expérience après plusieurs mois d’utilisation. © Sabi Agri

C’est en 2013 que Florent Barrière a repris l’exploitation familiale à Saiguède, en Haute-Garonne. Une ferme de 37 ha où les générations se succèdent depuis 1969 et où il élève des animaux et produit du foin et autres fourrages.  En 2016, il décide de se lancer avec sa femme dans une diversification légumes et cueillette à la ferme. 13 ha seront consacrés à ces productions. Le couple travaille en culture raisonnée en n’utilisant pas du tout d’intrants chimiques.

En mars 2019, l’agriculteur a investi dans un tracteur électrique Alpo, de la marque Sabi Agri pour le maraîchage. Après neuf mois d’utilisation, il se dit entièrement satisfait et envisage un deuxième achat de ce type dans 2 à 3 ans. Témoignage.

Pouvez-vous nous présenter rapidement ce tracteur et les types de travaux que vous faites avec ?
« C’est un petit tracteur étroit polyvalent, sans toit pour pouvoir aller sous la serre. Il ne fait que 800 kg. Sa puissance est équivalente à 40 chevaux thermiques. Je l’utilise avec des outils traînés, pour la plantation des légumes, le binage et pour griffer le sol avec un cultivateur. Pour le moment, il ne dispose pas de prise de force, mais l’installation de cet équipement est prévue pour le printemps prochain. Nous avons programmé aussi l’installation d’un toit et de panneaux solaires pour recharger la batterie. Le tracteur est équipé de 2 vérins électriques à l’avant et 2 autres à l’arrière. La capacité de levage est de 500 kg à l’arrière et de 200 kg à l’avant.  Le tracteur dispose de leds – 2 phares à l’avant, 1 phare à l’arrière – pour le travail de nuit. »

Pourquoi et comment avez-vous décidé de passer à l’électrique ?
« On cherchait un petit tracteur électrique. Sur Internet, on a vu le modèle Alpo. On a pris des renseignements par téléphone. Ensuite, nous sommes allés le voir au Sival, à Angers. Au départ, on l’a pris surtout pour Madame.  Elle souffre d’une maladie musculaire et il était adapté à sa situation. Un siège pneumatique, un volant remplacé par un joystick, pas de pédales. Un réglage sensible de l’avancement, sans coups brusques. J’ai trois autres tracteurs mais l’électrique est rapidement devenu le tracteur n°1 de l’exploitation. Je m’en sers pour aller soigner les bêtes, pour ramener le foin… »

Combien vous a-t-il coûté ?
« Pour ce tracteur électrique, nous avons investi 30 000 euros, prix qui comprend, en plus du tracteur, l’installation de la prise spéciale de 380 Volt, le chargeur et une demi-journée de formation à sa conduite. Il faut le prendre en main dans les conditions de l’exploitation. C’est un peu surprenant au départ. Le tracteur répond rapidement. Heureusement, il y a un bouton d’arrêt d’urgence. »

De quelle autonomie dispose-t-il ?
« Tout dépend de l’usage : l’autonomie est de 13 à 15 heures pour une utilisation sans outil, de 8 h pour un travail en surface avec la planteuse, de 6 h pour un travail sur 15 cm d’épaisseur avec le cultivateur. Et, le temps de travail ne varie pas en fonction des saisons et de la température. Nous sommes avertis par un signal sonore quand la batterie ne dispose plus que de 15 % de sa capacité. Et à 8 %, il faut rentrer pour recharger.  La recharge dure 1 h 30, soit une dépense énergétique de 1 euro. Il faut une prise spéciale en 380 V. La batterie fonctionne avec un lithium ininflammable. Sa durée de vie est de 5000 heures et les batteries usagées sont recyclées dans une usine en Belgique. »

Quels sont ses avantages ?
« Il est léger et ne tasse pas du tout le sol, même sur terrain humide. Avec le moteur au niveau des roues-arrière, il ne s’enfonce pas. Il est très maniable. On peut tourner à 360° et il est articulé au niveau de l’avant pour franchir des chemins ou aller sur les champs avec des bosses.

Le tracteur répond immédiatement quand on le démarre. Globalement, sa conduite est plus souple que celle d’un tracteur thermique. Par ailleurs, il peut rouler à des vitesses très lentes. Un atout pour les plantations où on roule à 10 m / h.

J’apprécie aussi son silence. Quand il tourne, on dirait un bruit d’insecte.

Autre avantage : pas de frais de gazole et des frais très réduits pour l’entretien. En thermique, il faut compter 600 euros par an pour l’entretien. En électrique, pas plus de 100 euros, les frais sont réduits à une bombe de graisse. »

Et ses inconvénients ?
« La limite avec ce modèle est la largeur de l’outil par rapport à la puissance du tracteur. Au-delà d’1,5 m, ce n’est plus possible. Donc on ne peut pas utiliser un cultivateur de 3 m.

Autre point : je suis obligé d’adapter le binage en fonction de la largeur des rangs. Mon prochain tracteur sera plus polyvalent. »

Avez-vous testé le service après-vente en cas de panne ?
« Mon seul doute avec l’électrique, c’était en cas de panne. Sur un engin thermique, on peut se débrouiller, on arrive à dépanner. Ce n’est pas le cas avec un tracteur électrique.  Cet été, il y a eu un problème au niveau du fil du vérin avant droit. Les fusibles ont sauté et le tracteur a été immobilisé. J’ai très rapidement pu bénéficier d’un tracteur de prêt. Le service après-vente a été très efficace et je suis rassuré de ce côté-là. »

Que pensent vos voisins de cette machine innovante ?
« Le tracteur électrique est un peu une attraction dans le village. Nous sommes passés sur TF1 le 2 septembre. Depuis ce reportage, nous sommes connus. Le journal de la commune, également, a réalisé un article. Les autres maraîchers de la région sont intéressés. »