13 décembre 2019
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Tout comprendre sur le biocontrôle

Par Paoula Déchelotte, Publié il y a 2 ans à 14h12

Le biocontrôle, est défini par l’INRA comme « un ensemble de méthodes de protection des cultures basées sur le recours à des organismes vivants ou des substances naturelles ».  Cela inclut les macro-organismes et les produits phytopharmaceutiques à base de micro-organismes, de médiateurs chimiques et de substances naturelles d’origine végétale, animale ou minérale (Art L 253-6 du code rural français). Utilisé dans le cadre de la protection des cultures, le principe même du biocontrôle est la gestion des équilibres des populations d’agresseurs, sans aller nécessairement jusqu’à l’éradication totale de ces dernières. Pour ce faire, mécanismes et interactions naturelles sont privilégiés.

Une part du biocontrôle qui augmente depuis 2013.

Largement utilisés en agriculture biologique, les produits de biocontrôle connaissent un développement fort depuis quelques années. Ceci s’explique notamment par un contexte favorable avec notamment l’apparition de résistances des bio-agresseurs aux produits conventionnels, la réduction du nombre de matières actives autorisées et une pression sociétale forte. Le profil environnemental et sanitaire de ces produits, a permis leur intégration dans des stratégies techniques de réduction de l’utilisation de produits phytopharmaceutiques de synthèse. Ils prennent également une part importante dans les stratégies techniques des producteurs engagés en Zéro Résidus de Pesticides. En effet, une grande majorité (pas la totalité) des produits de biocontrôle, ne génèrent pas de résidus : ils sont exemptés de LMR (Règlement CE 149/2008 – Annexe IV).

Les solutions de biocontrôles sont utilisées largement en tant que fongicide et insecticide : 89 % des surfaces déployées en biocontrôle sur la campagne 17/18. Le marché des herbicides quant à lui reste encore assez peu dynamique. Ce marché concerne essentiellement les cultures pérennes (80 % des surfaces en 17/18) et moins largement les grandes cultures (17 % en 17/18).

Evolution des hectares déployés en biocontrôle par cultures (Source : PPA, 2019)

Les principaux produits utilisés sont le soufre et la confusion sexuelle pour les cultures pérennes et les soufres et le phosphate ferrique (anti-limace) pour les grandes cultures. De plus, ce marché affichant une croissance de + 70 % depuis 5 ans (PPA, 2019), les fournisseurs mènent de nombreux projets de R&D afin d’élargir leur offre et de couvrir au mieux les différents segments de marché.

Ces solutions ne sont cependant pas encore complétement maîtrisées au champ et leur efficacité a été remise en question par une partie du monde agricole. S’agissant de produits de contact, les conditions d’humidité et de température lors de l’application se révèlent particulièrement importantes. Un travail de R&D est en cours chez les fournisseurs et au sein des coopératives afin de mettre en évidence les conditions de succès et limiter les variations d’efficacité. C’est notamment le cas du réseau Biosolutions, animé par Agrosolutions(1) qui rassemble 110 coopératives du réseau InVivo autour de la thématique « Quels indicateurs pour évaluer l’efficacité des bio-solutions ? ».

Biocontrôle : une réglementation spécifique pour les macro-organismes.

D’un point de vue réglementaire, il convient de traiter séparément les macro-organismes des micro-organismes, médiateurs chimiques et substances naturelles.

Les macro-organismes sont des insectes et des nématodes. On distingue ainsi les espèces indigènes, des espèces exotiques. Les premières sont disponibles en vente libre, tandis que la commercialisation des secondes n’est possible qu’après validation de l’ANSES. En effet leur introduction sur un territoire peut représenter une menace potentielle pour nos écosystèmes et nos habitats. Ainsi, l’ANSES évalue leur potentiel de nuisibilité envers les écosystèmes avant de délivrer une décision d’autorisation.

Constitution de la liste des produits de biocontrôles (Source: DGAL,2019)

Les micro-organismes (virus, bactéries et champignons), les médiateurs chimiques (phéromones et kairomones), ainsi que les substances naturelles (substances d’origine végétale, animale ou minérale) sont considérés comme des produits phytopharmaceutiques (règlement européen 1107/2009). De fait, une liste des produits phytopharmaceutiques de biocontrôle est éditée par la DGAL. Pour figurer sur cette liste, les produits devront appartenir à une des trois catégories mentionnées précédemment, ne pas être qualifiés de nocifs pour la santé humaine et l’environnement et disposer d’une AMM en cours de validité (hors AMM 120 jours). Cette liste référence à ce jour 494 produits.

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Biocontrôle et agriculture biologique : comment y voir clair ?

Parmi les produits figurant sur la liste des produits de biocontrôle, on retrouve de manière non exhaustive, des produits autorisés en agriculture biologique (AB). C’est-à-dire que l’ensemble des produits autorisés en AB ne sont pas classés comme des produits biocontrôles. C’est le cas des produits qui ne respectent pas les critères d’intégration mentionnés précédemment, comme par exemple l’innocuité pour la santé humaine et l’environnement. Produits de biocontrôle et produits autorisés en agriculture biologique sont donc à distinguer.

Pour rappel, pour être autorisés en agriculture biologique, un produit doit être approuvé par l’Union Européenne, disposer d’une AMM et être inscrit dans le règlement AB (annexe 2 du RCE n° 889/2008).

(1)AGROSOLUTIONS : Cabinet d’expertise conseil du groupe InVivo

Références :
Arvalis
Choisir et décider : interventions de printemps 2019-202 : synthèse nationale, 2019
DGAL. Note de service DGAL/SDQSPV/2019-779. Liste des produits phytopharmaceutiques de biocontrôle, au titre des articles L.253-5 et L.253-7 du code rural et de la pêche maritime, 2019.
PPA. Analyse marché des solutions de biocontrôle, 2019.

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