04 décembre 2019
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Comment réduire l’empreinte carbone des circuits courts, la réponse d’une start-up

Charles Raymond est l'un des cofondateurs de Promus Box. Cette start-up propose un service de logistique en circuits courts, et ainsi réduire leur bilan carbone grâce à des containers réfrigérés et connectés, installés à proximité des fermes. Objectif : répondre à la problématique du premier kilomètre, un enjeu d’optimisation de la logistique.
Par Hélène Claude, Publié il y a 2 ans à 11h12
Charles Raymond propose une mutualisation de la logistique pour les producteurs en circuit court, permettant ainsi de réduire leur bilan carbone. © H. CLAUDE

Pourquoi avoir créé Promus ?

Le constat que nous avons fait, c’est que la logistique des circuits courts est atomisée. Chacun à son camion, son circuit. Avec Antoine Pulcini et Simon Bestel, qui a depuis quitté l’aventure, nous venions de la logistique dans un grand groupe agroalimentaire. L’écart était énorme avec les pratiques en circuit court. Pour un producteur, les livraisons peuvent représenter jusqu’à un jour par semaine, et peser jusqu’à la moitié du prix final du produit. Dans les circuits traditionnels, ce chiffre est de 5 à 10 %. C’est cette logistique du premier kilomètre que nous voulions optimiser. Avant de nous lancer, nous avons étudié la situation en Loire-Atlantique : en regardant 150 producteurs, on voyait que 16 000 km étaient parcourus par an, principalement pour desservir Nantes.

Que sont les Promus Box ?

Ce sont des containers digitalisés autonomes, installés au cœur des territoires, en fonction des flux de marchandises. Autour de Nantes, le département est divisé en trois zones, couvertes pour le moment par deux Promus Box. Elles sont sécurisées et réfrigérées, et on y accède par une porte.

Comment cela fonctionne pour les producteurs ?

Ils reçoivent au préalable un QR code à mettre sur leurs produits, qu’ils vont déposer dans la Promus Box la plus proche. Les produits sont scannés à leur arrivée dans la Promus Box et au départ, ce qui nous permet, ainsi qu’au producteur, de tracer les flux de marchandises. Cela lui coûte 10 € par livraison. Nous travaillons avec différents transporteurs, pour assurer l’offre la plus adaptée, et aller plus loin dans l’optimisation.

Quel intérêt pour un producteur ?

Outre une baisse des coûts logistiques et un gain de temps, Promus lui permet de développer son activité. Nous avons lancé un nouveau service d’abonnement mensuel pour la restauration hors domicile à Nantes : les clients ont accès à un catalogue de producteurs en circuits courts, et nous les accompagnons pour mettre en avant cette offre. Le restaurateur peut ainsi réduire le gaspillage alimentaire, en étant fourni plus régulièrement, et avoir moins de stocks, ce qui coûte cher. Pas question de nous substituer à la relation commerciale entre le producteur et son client : nous ne sommes pas là pour vendre leurs produits.

A l’ouest de Nantes, une Promus Box est installée sur le terrain de
la Recyclerie de Savenay (Loire-Atlantique). © PROMUS

Le service permet de réduire le bilan carbone des circuits courts ?

Oui, et nous le mettons en avant. Nous estimons une baisse de 40 % des kilomètres parcourus pour les producteurs. Par ailleurs, Promus est lauréat 2018 de l’appel à projets de recherche Logistique Urbaine Durable et livraison en Site Isolé (LUDSI) de l’Ademe.

Trois Promus Box installées en France
Créée en 2017 et lancée en 2018, Promus avaient mis en place, en novembre 2019, trois containers. Deux sont en Loire-Atlantique, à La Grigonnais, chez un producteur, et à Savenay, sur le terrain de la Recyclerie. La troisième est dans le Rhône, à Souzy, dans une ferme. La start-up compte 50 clients producteurs, livrant plus de 150 clients, à Nantes, Lyon, Paris… « Nous accompagnons aussi des territoires dans des enjeux de PAT (plans alimentaires territoriaux), avec des demandes pour installer des Promus Box pour la restauration collective, notamment en Paca, à Nantes, en Occitanie ou encore dans le Périgord », note Charles Raymond.