06 mars 2020
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L’usage des solutions de biocontrôle est en progression

Selon une enquête réalisée à partir du réseau des 3000 fermes Dephy Ecophyto, l’usage d’au moins une solution de biocontrôle est quasi systématique dans les itinéraires techniques en arboriculture et en viticulture. Les grandes cultures restent le parent pauvre du biocontrôle.
Par l'équipe de rédaction Aladin, Publié il y a 9 mois à 08h03

L’arboriculture et la viticulture sont les deux secteurs les plus consommateurs de produits de biocontrôle. C’est ce qu’a montré la dernière enquête sur l’usage du biocontrôle réalisée à partir du réseau des fermes Dephy Ecophyto. « Nous avons fait un état des lieux du recours au contrôle biologique (lutte bio, lâchers d’auxiliaires, biocontrôle, tisanes de plantes…) à partir des données saisies par les ingénieurs du réseau des 3000 fermes Dephy », a expliqué Nicolas Chartier, responsable traitement et valorisation des données du Réseau Dephy Ecophyto, lors des 6es rencontres annuelles Biocontrôle organisées par IBMA le 21 janvier à Paris.

Pour ces deux productions, l’usage du biocontrôle est presque systématique en agriculture biologique (plus de 95 % des itinéraires techniques sur les parcelles enquêtées) mais aussi en conventionnel (plus de 80 %). L’horticulture et le maraîchage ont recours à des solutions de biocontrôle dans un une moindre proportion (entre 20 et 35 % des itinéraires techniques répertoriés), et les grandes cultures demeurent le parent pauvre du biocontrôle.

Le soufre reste la solution la plus utilisée

Si la gamme des solutions de biocontrôle commence aujourd’hui à s’étoffer, c’est le soufre, utilisé comme fongicide, qui reste encore ultra majoritaire dans les usages. En effet, dans 70 % des itinéraires techniques ayant recours au biocontrôle, l’objectif est bien de lutter contre les maladies, et dans 25 % des cas de s’attaquer aux insectes et aux acariens. Les solutions de biocontrôle pour le désherbage restent encore très minoritaires. On peut souligner l’acide pélargonique reconnu comme herbicide de biocontrôle.

« Dans une majorité des situations, les agriculteurs considèrent que les produits de biocontrôle leur donnent satisfaction en termes d’efficacité », souligne Nicolas Chartier. Mais les conditions d’utilisation sont plus pointues que les produits issus de la chimie. « Etant donné que les produits de biocontrôle ont une efficacité moindre et une rémanence moindre, ils ne doivent être utilisés que si l’agriculteur entre dans une démarche de modification globale de son système de production », insiste-t-il.

Les quatre grandes familles de produits de biocontrôle
Les micro-organismes :
Ce sont des champignons, bactéries et virus utilisés pour protéger les cultures contre les ravageurs et les maladies ou encore pour stimuler la vitalité des plantes.
Les macro-organismes :
Ce sont des invertébrés, insectes, acariens ou nématodes auxiliaires utilisés de façon raisonnée pour protéger les cultures contre les attaques des bioagresseurs.
Les médiateurs chimiques :
Il s’agit en particulier des phéromones qui permettent le suivi des vols d’insectes ravageurs et le contrôle des populations par le piégeage et la méthode de confusion sexuelle.
Les substances naturelles :
D’origine végétale, animale ou minérale (le soufre par exemple).