17 août 2020
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Intercultures : Top 5 des couverts à valoriser en fourrage

Les dérobés d'été présentent de nombreux intérêts : pâture pour les animaux lorsque la pousse de l’herbe est à l’arrêt, constitution de stocks d’appoint. En voici une sélection de 5.
Par Namm, Publié il y a 2 mois à 16h08
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#1 Moha + Trèfle d’Alexandrie : deux plantes au développement rapide

Avec une disponibilité 70 à 90 jours après le semis, le mélange moha et trèfle d’Alexandrie figure parmi les intercultures fourragères estivales dont le développement est le plus rapide. Le mélange est réputé facile à implanter et peut produire 3 à 5 t de MS/ha si les conditions météos (chaleur et humidité) sont au rendez-vous. Le fourrage produit est appétant ; polyvalent, il peut être pâturé ou utilisé comme affouragement en vert mais permet surtout de constituer des stocks d’ensilage ou d’enrubannage. Côté rotation, ce dérobé est recommandé avant un maïs, du soja, une culture de pommes de terre ou de betteraves. Comme toutes les légumineuses, le trèfle d’Alexandrie a un effet bénéfique sur la fertilisation azotée de la culture suivante.

Coût d’implantation : 56€/ha (dont 45€/ha de coût de semences)

#2 Colza fourrager : une crucifère économique et appétente

A peine moins productif et tout aussi rapide à se développer, le colza fourrager peut être semé plus tardivement, au moment où la production d’herbe ralentit. Les variétés non-alternatives sont résistantes au froid et peuvent perdurer tout l’hiver, limitant par ailleurs l’érosion du sol et pouvant être pâturé au cours des mois d’automne. L’implantation de cette interculture est facile et peu coûteuse. Les rendements varient de 2 à 4 t de MS/ha. Idéal en pâturage au fil, ce dérobé est appétent et riche en protéines. Attention à en limiter la part à 40 % dans la ration. L’intégration dans une rotation culturale est plus délicate : à éviter avant d’autres crucifères en raison du risque de hernie ou du verticillium sur tournesol. A privilégier avant un blé ou un maïs, une prairie neuve. Les racines de la plante ont un effet structurant sur le sol.

Coût d’implantation : 35€/ha (dont 27 €/ha de coûts de semences)

#3 Ray-grass italien + trèfle incarnat : un classique à haute valeur alimentaire

Une valeur sûre : le ray-grass italien est la graminée fourragère la plus semée en France. En association avec un trèfle annuel type incarnat, le mélange produit une quantité équivalente de fourrage (2 à 3 t de MS/ha), mais supérieure en qualité au RGI pur. Ces deux espèces ont besoin l’une comme l’autre d’eau pour bien démarrer mais tolèrent bien les sols acides et pauvres. Le trèfle incarnat n’étant pas météorisant, il permet au mélange d’être pâturé à volonté, mais aussi enrubanné ou ensilé. La capacité du trèfle à fixer l’azote limite les besoins en fertilisation au printemps (30 % en moins qu’après un RGI conduit en pur). Attention, la destruction de l’interculture en fin de cycle doit être totale pour éviter les repousses.

Coût d’implantation : 80€/ha (dont 62 €/ha de coûts de semences)

#4 Avoine brésilienne : l’interculture fourragère tout-terrain

Comme son nom l’indique, cette avoine diploïde a été sélectionnée au Brésil pour la production de fourrage. Sa capacité à produire de la biomasse est élevée, 2 à 4 t de MS/ha. Les variétés diploïdes étant riches en matière sèche, l’avoine brésilienne convient mieux à la fauche mais peut tout à fait être pâturée, tout l’automne. Résistante à la sécheresse, elle ne craint ni la rouille ni la verticilliose. Elle est économique à implanter et s’adapte à tous les types de sols, même pauvres. Déconseillée avant une paille, cette interculture est un bon précédent pour nombre d’autres cultures. Elle possède des propriétés nématicides et limite le développement des adventices. Son système racinaire très développé améliore la structure du sol, à tel point qu’il peut s’avérer difficile de la détruire mécaniquement. Elle est gélive.

Coût d’implantation : 38€/ha (dont 27 €/ha de coûts de semences)

#5 Sorgho fourrager multicoupes : le champion des gros rendements

Le sorgho est une graminée de saison chaude adaptée aux conditions séchantes. Les variétés multicoupes sont plus lentes dans leur développement que la moyenne des dérobés mais permettent des rendements importants pendant l’été. L’exploitation peut se faire deux mois après semis avec 2 à 5 coupes jusqu’en octobre, pour 8 à 10 t de MS/ha.  Valorisé en interculture fourragère, le sorgho est appétant, digestible et riche en protéines, mais attention : il contient de l’acide cyanhydrique. Le pâturage au fil est possible mais nécessite beaucoup de prudence afin d’éviter l’intoxication. Cette toxine se dégrade en quelques jours une fois la plante enrubannée ou ensilée.

Coût d’implantation : 56€/ha (dont 45 €/ha de coûts de semences)

Cette sélection d’intercultures n’est pas exhaustive : une trentaine d’espèces sont utilisables, à choisir son le contexte pédoclimatique de l’exploitation et la stratégie suivie. Leur implantation est aussi une démarche agronomique et environnementale dont les bénéfices, couvrir le sol, piéger les nitrates… sont nombreux.