10 janvier 2020
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Un outil numérique pour la certification HVE

En Normandie, Laurent Haye a détourné les fonctionnalités de l’outil numérique Farmleap pour optimiser la certification de son exploitation en Haute Valeur Environnementale (HVE).
Par Raphaël Lecocq, Publié il y a 10 mois à 11h01
Farmleap est une plateforme collaborative d’aide à la décision pour la gestion parcellaire : un Ceta numérique

Encore peu démocratisée en grande culture, la HVE n’en rencontre pas moins de plus en plus d’adeptes. C’est le cas de Laurent Haye, agriculteur à Tilleul-Dame-Agnès dans l’Eure. « Je suis en agroécologie depuis 5 ans. Je voulais donc pouvoir afficher une certification de mes pratiques respectueuses de l’environnement auprès de mes clients. Je commercialise notamment des pois-chiche et des lentilles en vente directe » explique l’exploitant. En plus des légumineuses, l’agriculteur cultive 110 ha de blé, 50 ha de lin textile ainsi que de l’orge de printemps et du pois cassé vert qu’il a dû également passer en HVE, car ce label concerne toute l’exploitation. La particularité de sa démarche de certification, c’est que Laurent Haye a eu recours à l’agriculture numérique pour mettre au point ses indicateurs HVE. Quelques semaines avant la date d’audit, il a souscrit un abonnement à l’outil Farmleap. « J’avais déjà été bêta-testeur il y a 3 ans. Initialement c’était l’aspect CETA numérique qui m’intéressait » se souvient-il.

Farmleap est une plateforme web qui analyse et compare la performance de son exploitation en comparant les données (suivi des IFT, analyse de rendement, suivi d’assolement, coûts de production, etc…) avec les autres utilisateurs de manière anonymisée.

Une aide précieuse sur l’IFT

Pour la certification HVE, l’agriculteur normand a choisi l’option A. C’est-à-dire celle reposant sur les 4 piliers : biodiversité, réduction de l’Indicateur de Fréquence de Traitements (IFT), gestion de la fertilisation et gestion de l’irrigation. « Au début je me servais de Farmleap pour l’aspect réglementaire mais je me suis aperçu que c’était un très bon outil pour travailler sur l’IFT. En plus il me permet de me comparer aux pratiques agricoles locales. Plus, il y a de personne qui renseigne ce qu’ils font, plus on voit ce qui s’est réalisé autour de nous » explique-t-il. Le normand a notamment apprécié de pouvoir retirer facilement les pulvérisations de macération de son calcul final. Farmleap lui a également permis de sortir son plan de fumure azoté pour l’aspect gestion de la fertilisation. « Concernant le pilier biodiversité, c’était un peu la course. Je n’ai pas exploité l’outil à fond car j’ai un site dans l’Orne historiquement bocageux qui m’a permis d’avoir les points. Mais j’approfondirai cet aspect plus spécifiquement avec l’outil numérique pour la prochaine certification » assure-t-il. L’exploitation n’étant pas irriguée, il n’a pas eu besoin de sortir de données sur ce critère. Selon lui, l’auditrice, qui est venue faire la certification sur son exploitation, a elle-même reconnu la praticité de Farmleap pour calculer les indicateurs liés à la HVE.

Quand transition agricole et numérique se rejoignent

Anaël Bibard, cofondateur, de Farmleap, se dit surpris dans le bon sens du terme par cette utilisation de l’outil. « Nous travaillons actuellement au développement de fonctionnalités liées à la HVE et à l’intégration des quatre piliers. Nous allons notamment permettre l’édition de la balance azotée ou de graphisme représentant la biodiversité. Mais la sortie n’est pas prévue avant six mois. Le fait que Farmleap soit déjà détourné dans ce sens, signifie que l’outil sera vraiment adapté lorsqu’il sera complet » analyse-t-il.