29 novembre 2019
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Et si votre exploitation était à Haute Valeur Environnementale ?

Par Namm, Publié il y a 11 mois à 17h11
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2 344 exploitations* sont désormais certifiées à Haute Valeur Environnementale. Une belle progression pour cette démarche de reconnaissance de la performance environnementale des exploitations agricoles et de leurs productions, lancée en 2012 par le ministère en charge de l’Agriculture.

La Haute Valeur Environnementale (HVE) est le troisième et plus haut niveau du dispositif progressif et volontaire de certification environnementale. Elle s’appuie sur des indicateurs de performance environnementale qui portent sur l’intégralité de l’exploitation et qui attestent que les éléments de biodiversité (haies, bandes enherbées, prairies, arbres, fleurs, insectes…) sont très largement présents sur l’exploitation et que la pression des pratiques agricoles sur l’environnement (air, climat, eau, sol, biodiversité, paysages) est réduite au minimum.

Il existe trois niveaux de certification, délivré par des organismes habilités. La Commission Nationale de Certification Environnementale, créée en 2011, suit la mise en œuvre du dispositif et définit le cadre précis de chaque niveau.

Un projet sociétal ambitieux

Au nombre de 24 en 2012, les exploitations HVE (niveau 3) étaient 2 344 au 1er juillet 2019. 17 500 exploitations sont actuellement engagées dans le niveau 2 de la certification. La plupart des filières sont maintenant représentées dans le dispositif. La filière viticole, qui fut la première à y entrer massivement, reste la première en nombre d’exploitations certifiées.
Le gouvernement et les filières se sont fixé l’objectif de 15 000 exploitations HVE en 2022 et 50 000 en 2030. Tandis que les acteurs de la filière vins visent 50 % d’exploitations certifiées HVE en 2025.

© Ministère de l’agriculture

Une démarche valorisée et valorisable

La certification HVE valide la montée en gamme des productions françaises, réclamée par les citoyens et les filières. Deux logos existent pour valoriser cette démarche volontaire : le premier pour les exploitations, le second pour les produits bruts et les produits transformés si ces derniers contiennent au moins 95% de matières premières issues d’exploitations HVE.

Ce label officiel devient aussi un atout à l’export, notamment lorsqu’une certification environnementale est demandée dans les contrats.

La récente loi EGalim valorise cette certification. Son article 24, relatif à la restauration publique collective, dispose que les produits issus d’une exploitation labellisée HVE peuvent entrer dans le calcul du seuil minimal de 50 % de produits sous SIQO (Signes d’Identification de la Qualité et de l’Origine) que les collectivités ont désormais l’obligation de servir dans leurs services de restauration publique collective.

Comment obtenir la certification Haute Valeur Environnementale ?

Pour obtenir le niveau 1, l’exploitation doit respecter des obligations réglementaires environnementales applicables au titre de la PAC. Ce niveau sert de diagnostic environnemental de l’exploitation dans une perspective de progrès vers les niveaux 2 et 3.

Le niveau 2 valide le respect par l’exploitation de 16 obligations de moyens qui relèvent des 4 domaines de la HVE : la préservation de la biodiversité, la stratégie phytosanitaire, la gestion de la fertilisation et la gestion de l’irrigation.

Néanmoins, si l’exploitation est engagée dans une démarche environnementale reconnue par le ministère de l’Agriculture, elle peut obtenir la certification de niveau 2. À ce jour 62 démarches sont reconnues.

Pour le niveau 3 ou HVE, l’exploitation doit obtenir des résultats. L’évaluation se fait selon 2 options pour couvrir l’ensemble des systèmes d’exploitation.

L’option A utilise des indicateurs répartis dans les quatre domaines de la HVE, par exemple :

  • préservation de la biodiversité : présence d’infrastructures agro-écologiques, diversité végétale, etc. ,
  • stratégie phytosanitaire : surfaces non traitées, indicateur de fréquence de traitements, méthodes alternatives à la lutte chimique, enherbement, etc. ,
  • gestion de la fertilisation : réalisation d’un bilan azoté, utilisation d’outils d’aide à la décision (OAD), couverture des sols, etc. ,
  • gestion de l’irrigation : matériel utilisé, adhésion à une démarche de gestion collective, utilisation d’OAD, etc.

Chaque indicateur doit obtenir une note supérieure à 10.

L’option B utilise seulement 2 indicateurs qui traduisent l’autonomie de l’exploitation par rapport aux intrants :

  • leur poids dans le chiffre d’affaires doit être inférieur à 30 % ;
  • l’exploitation doit : soit contenir au moins 10 % de sa SAU en infrastructures agro-écologiques, soit avoir plus de 50 % de sa SAU en prairies permanentes de plus de 5 ans.

L’option B traduit le fait que le niveau d’indépendance par rapport aux intrants dans une exploitation (eau, électricité, carburant, fertilisants, produits phytosanitaires, etc…) est synonyme de pratiques favorables à l’environnement et à la biodiversité.

Nombre d’exploitations certifiées HVE par département

Une image contenant texte, carte

Description générée automatiquement

Pour aller plus loin

Le site de l’Association pour le Développement de la Haute Valeur Environnementale : https://hve-asso.com/

Certification environnementale, mode d’emploi pour les exploitations : https://agriculture.gouv.fr/certification-environnementale-mode-demploi-pour-les-exploitations

La Haute Valeur Environnementale : une mention valorisante pour les agriculteurs et leurs pratiques : https://agriculture.gouv.fr/la-haute-valeur-environnementale-une-mention-valorisante-pour-les-agriculteurs-et-leurs-pratiques

* Chiffres du ministère de l’Agriculture – 1er juillet 2019