20 juillet 2021
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Et si vous faisiez une étude de votre patrimoine ?

Par l'équipe de rédaction Aladin, Publié il y a 3 mois à 11h07
paysage viticole beaujolais

Contrairement aux idées reçues, la gestion de patrimoine n’est pas réservée aux grandes fortunes. Toute personne désireuse de l’administrer au mieux, peut réaliser une étude patrimoniale pour avoir une vision globale de sa situation en cas de projet, pour une stratégie d’investissements ou de transmission.

Anticiper sa transmission, s’assurer des revenus complémentaires, faire fructifier un capital, acquérir du foncier, investir dans de l’immobilier, défiscaliser… il y a de nombreuses raisons de faire appel à un conseiller patrimonial. Cette discipline ne se résume pas à gérer des actifs immobiliers ou financiers.

« Très souvent le dirigeant arrive avec un projet ou une question précise. L’objectif est d’ouvrir la discussion sur tous les autres aspects, civil, juridique, fiscal, social, économique car tous ces sujets sont interdépendants » explique Céline Boutbien, consultante en stratégies patrimoniales au CER France Brocéliande. 

Autre idée fausse : la matière ne concerne pas seulement les plus âgés. Il est préférable d’intervenir le plus tôt possible car il y a souvent tout à bâtir. Par exemple, déterminer le régime matrimonial le plus adapté, qui doit acheter la maison, acquérir le foncier ou de l’immobilier locatif….

Une étude patrimoniale se réalise en quatre phases :

  1. Bilan de patrimoine : inventorier votre situation
  2. Définir et prioriser ses objectifs
  3. Analyse et axes de réflexion
  4. Suivi et accompagnement dans le temps

1 Bilan de patrimoine : inventorier votre situation

Indispensable et obligatoire, la première phase consiste à réaliser un bilan complet du patrimoine (privé, professionnel, social). Il s’agit de réaliser l’inventaire des actifs et passifs du client : biens d’usage (résidence principale, secondaire), investissements immobiliers locatifs, foncier, placements financiers, assurance-vie…Le bilan permet également de s’intéresser à la détention du patrimoine : origine de propriété (acquisition, donation, héritage), le mode de détention (en direct ou via un cadre sociétaire type société civile, GFA…) ainsi que le droit de propriété (pleine propriété, usufruit, nue-propriété).

Le conseiller s’informe également de la situation familiale et professionnelle : âge, profession, situation matrimoniale, enfants (communs ou famille recomposée). Il effectue un diagnostic fiscal (IR, IS, IFI, prélèvements sociaux) et un diagnostic retraite (régime social, contrats de retraite obligatoires, facultatifs…). La situation budgétaire est étudiée (revenus, charges, capacité d’endettement, capacité d’épargne) ainsi que son évolution (court, moyen, long terme). Un focus particulier est également indispensable en ce qui concerne les assurances souscrites sur les emprunts privés et professionnels. La prévoyance, qui fait partie du patrimoine social, est un point clé en matière de protection familiale et professionnelle. Enfin, le conseiller procède à une projection successorale, en cas de décès de l’un ou de l’autre des conjoints (en en ordre inversé), pour déterminer les conséquences sur les héritiers et les droits de succession à payer.

Pour compléter certaines informations, le conseiller est aussi souvent amené à contacter les partenaires du client (comptable, notaire, banquier, assureur…).

Pratique : pour l’estimation immobilière, il est possible de consulter des bases de données gratuites en ligne utilisées par l’Administration fiscale ( DVF Etalab (https://app.dvf.etalab.gouv.fr/ ) ou Patrim ( ( https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/R34630 ). Pour une estimation précise, mieux vaut tout de même disposer d’un avis de valeurs réalisé par un expert (notaire, agent immobilier)

2 Définir et prioriser ses objectifs

Le bilan patrimonial, est une photographie à un instant T du patrimoine global. Sur la base de cet inventaire, le conseiller va réaliser une première analyse pour établir la structure du patrimoine et faire ressortir les points clés (points forts, points à surveiller). Il s’attache également à vérifier les compétences du client en matière de connaissance et d’exposition aux risques financiers (placements). En accord avec les clients, les objectifs de la mission seront clairement définis, priorisés et hiérarchisés.  Il peut s’agir de développer son patrimoine, rechercher un complément de revenus pour financer les études des enfants ou conforter sa retraite, anticiper la protection du conjoint survivant, la transmission aux enfants, maitriser sa pression fiscale, etc.

3 Analyse et axes de réflexion

La troisième étape est la formulation de préconisations. L’objectif est de donner des clés au client pour qu’il puisse par lui-même faire ses propres choix.  « Etablir son bilan patrimonial c’est surtout être attentif à ce que l’’on possède et aux différentes manières de faire fructifier son patrimoine en accord avec ses principes. L’étude vous permet de savoir comment vous allez le mettre en musique comme un chef d’orchestre » résume la consultante. Les préconisations sont multiples et variées : stratégies d’ajustements sur l’organisation juridique du patrimoine (constitution de société civile, stratégies holding, réalisation de donations, rédaction ou mise à jour de la clause bénéficiaire d’un contrat d’assurance-vie, mise en place d’avantages matrimoniaux…), stratégies d’investissements ( assurance-vie, immobilier, recours au crédit…), stratégies prévoyance (rééquilibre des contrats indemnités journalières, conservation ou transfert des contrats épargne retraite, ajustement des garanties décès professionnelles…).

A l’issue du rendez-vous de restitution de l’étude, le conseiller remet au client un document de synthèse intégrant une rédaction détaillée pour chaque préconisation, un plan d’action des préconisations à mettre en place à court, moyen et long terme, ainsi que l’interlocuteur privilégié pour la mise en œuvre (notaire, banque, assureur, avocat…).

4 Suivi et accompagnement dans le temps

Le conseiller peut en rester au stade du conseil ou accompagner son client dans la mise en place des actions, par exemples en accompagnant le client chez son notaire ou en donnant un avis consultatif sur des propositions faites par les partenaires du client. L’étude de patrimoine est amenée à évoluer en fonction du changement de la situation privée et professionnelle de la personne et des dispositions législatives en perpétuels mouvements. Il est préconisé de réaliser un point régulier (annuellement) ou en fonction des projets.

> A qui s’adresser pour une étude de patrimoine ? A quel coût ?

> Banque, assurance, centre de gestion ou cabinet libéral…de nombreux acteurs proposent leurs services de conseil en gestion du patrimoine. La Directive MIF2, entrée en vigueur en 2018, a introduit un double statut : celui d’indépendant ou non. Sont considérés comme CGP « indépendants », les conseillers qui perçoivent uniquement des honoraires de conseil (ex CER Brocéliande) et non plus des commissions (ou ceux qui avertiraient leur client de la perception de rétrocessions et les lui rétrocéderaient).

> Deux possibilités de rémunération donc, soit sous forme de : 

1- Honoraires lorsque le conseiller vend uniquement du conseil 

2- Commissions versées par les fournisseurs des placements recommandés lorsque le conseiller distribue des produits financiers ou immobiliers.

Céline Boutbien, Consultante en stratégies patrimoniales au CER France Brocéliande : « Etablir une relation de confiance »

Céline Boutbien, CER France Brocéliande
Céline Boutbien, CER France Brocéliande

« Une étude qualitative est basée sur une écoute attentive, des moments d’échange et une relation de confiance qui doit s’instaurer entre le client et le conseiller. Nous procédons à la collecte des informations lors d’un premier entretien puis lecture de documents (contrat de mariage, bilan comptable détaillé, statuts de société, contrats d’assurance, …). S’il manque des informations, nous ne pourrons pas donner un conseil objectif et pertinent.  Nous partageons la conviction que la relation humaine est le cœur de notre métier et qu’un service performant revient tout d’abord à comprendre l’humain et ses attentes. »