11 septembre 2020
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Accueillir un labyrinthe de maïs sur sa ferme : une solution rentable et clé en main

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Chaque année, Simon Martin consacre une parcelle de son exploitation à la création d’un labyrinthe de maïs. En réalité, lui ne s’occupe de rien. C’est la société Pop Corn labyrinthe qui gère le tracé et l’accueil des touristes. L’entreprise a noué un partenariat avec Passion Céréales. Des panneaux, installés sur le site, permet-tent de communiquer auprès du grand public.
Par Paul Renaud, Publié il y a 2 mois à 06h09

C’est sur son exploitation de 200 ha de céréales et légumes à l’entrée du Golfe du Morbihan que le jeune installé accueille un labyrinthe de maïs. « J’ai juste pris la continuité de l’ancien exploitant qui avait aidé à créer le premier modèle il y a 12 ans » retrace-t-il. Depuis 2008, un champ est donc mis à disposition de l’entreprise Pop Corn Labyrinthe pour qu’elle trace les différents chemins et accueille les touristes qui passent leurs vacances sur la côte bretonne. En plus d’une décennie, l’entreprise s’est développée et propose maintenant des parcours sur plus d’une dizaine de sites le long de la côte atlantique. Récemment, un labyrinthe a même ouvert en Seine-et-Marne. L’entreprise annonce vouloir sensibiliser les citadins à l’univers agricole en ouvrant de nouveaux sites proches des grandes agglomérations. « Nous recherchons toujours des agriculteurs pour nous développer » appuie Marie Guilbert, fondatrice de Pop Corn Labyrinthe avec son mari. Les villes de Paris, Bordeaux ou encore Toulouse sont visées, avis aux amateurs de diversification !

Labyrinthe de maïs : très peu d’impact sur l’activité culturale

Après trois déplacements en douze ans pour s’éloigner de la route nationale pour raisons de sécurité, Simon Martin aimerait maintenant fixer la zone du labyrinthe sur une parcelle définitive. « L’avantage étant que le maïs grain peut se cultiver en monoculture. Quand la récolte est assez précoce, j’implante un couvert végétal de phacélie/féverole » détaille le Breton. Au niveau de l’impact sur le rendement, seuls 80 ares sur 5 ha sont coupés pour former les chemins. « Pop Corn Labyrinthe me verse une indemnisation forfaitaire qui couvre largement la perte et le temps de travail pour broyer le parking et le chemin d’accès » estime-t-il.

Visiteurs : quel impact sur le tassement des sols

Pas de quoi non plus inquiéter ce féru de techniques culturales simplifiées avec le piétinement des visiteurs. « On accueille 6000 personnes sur juillet et août donc il y a forcément un phénomène de tassement. Mais avec la nature de mon sol, je fais un travail de fissuration à la dent Duro avant de semer le maïs quoi qu’il arrive, donc ce n’est pas gênant » constate Simon Martin.

Pour les traitements, notamment contre la pyrale, un minimum de concertation est nécessaire. « Pop Corn labyrinthe vient installer les jeux environ une semaine avant l’ouverture. Il faut que je sois passé avant » affirme le céréalier. La date de récolte ne pose, elle, pas de soucis puisque le labyrinthe ferme lors de la première semaine de septembre après le départ des vacanciers.

Très peu d’activité en plus avec ce labyrinthe « externalisé »

Accueillir le parcours de Marie et Frédéric Guilbert n’implique que très peu de travail supplémentaire pour l’agriculteur breton. Ce sont eux qui viennent couper à la main les pieds de maïs lorsque la plante a atteint le stade 5 à 6 feuilles. C’est également l’entreprise qui gère l’accueil du public et l’obtention des autorisations avec les collectivités. « Nous faisons un point avant l’ouverture de la saison et un autre lorsqu’elle se termine. Si je change de parcelle l’année suivante, ils doivent le savoir dès le mois d’octobre pour renseigner les bonnes informations dans les guides touristiques » explique Simon Martin.

Concernant la surveillance de la culture, l’une des principales préoccupations de l’agriculteur est de vérifier l’absence de dégâts de sanglier qui pourraient endommager le labyrinthe. « L’an dernier j’ai eu un demi-hectare de mangé en bordure du parcours ». Dans ce type de situation, il fait appel aux chasseurs pendant la fermeture du site pour effectuer une battue. « Il n’y a pas de risque de rencontre entre touristes et sangliers sauf en fin de saison pendant les nocturnes. Ça mettrait une animation supplémentaire » sourit malicieusement Simon Martin, tout en assurant que ce type de rencontre est plus qu’improbable.

Accueillir et sensibiliser le grand public

Passion Céréales et Pop Corn labyrinthe ont noué un partenariat. Plusieurs panneaux pédagogiques renseignent le visiteur sur la culture des céréales à l’entrée du parcours. Production de maïs, de céréales à paille, état des lieux du marché français, mais aussi irrigation ou biodiversité font partis des sujets abordés. « Les touristes découvrent ainsi de manière ludique la culture du maïs et son utilisation en alimentation humaine et animale. C’est important car j’ai l’impression qu’on a besoin de reconnecter le consommateur aux produits qu’ils consomment » assure le céréalier morbihannais.