05 novembre 2020
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Des planteurs de betterave sucrière tentent la mini-motte

Si l’implantation en mini-motte est majoritairement utilisée pour les betteraves fourragères, elle ne laisse pas indifférent les producteurs de sucre. Le lancement d’une filière en agriculture biologique en betterave sucrières pourrait même renforcer l’intérêt pour cette technique. Lors des premiers essais, des rendements de 40 t/ha ont été réalisés.
Par Paul Renaud, Publié il y a 3 mois à 09h11

« En 2019, nous avons mis en place des essais en Champagne. Notre intérêt est de pouvoir intervenir le plus tôt possible avec un outil mécanique », explique Pierre Lesage, responsable agronomique pour la zone Sud de Paris chez Cristal Union.

À ce stade, la coopérative précise bien qu’elle mène juste des essais. Une mise en production chez les adhérents n’est pas encore d’actualité. « Mais, si un agriculteur voulait mettre en place des betteraves mini-mottes de sa propre initiative, nous n’y verrions pas d’inconvénient » assure-t-il.

Faciliter le désherbage des betteraves

L’Institut technique de la betterave (ITB) s’est également emparé du sujet et conduit des essais depuis deux ans. « Le but est d’avoir un décalage de stade entre la betterave et les adventices pour faciliter le désherbage en ayant moins de risque d’arracher les betteraves », affirme Ghislain Malatesta, responsable du département expérimentations et expertises régionales au sein de la structure. Afin d’y parvenir, un faux-semis est réalisé juste avant l’implantation. Ensuite, un premier passage de herse étrille est effectué 8 jours après la mise en terre des plants. « En agriculture biologique, nous avons obtenu des rendements de 40t/ha en moyenne avec ces modalités » déclare-t-il.

Des modalités de culture à affiner

Bien que prometteurs, les essais menés par Cristal Union révèlent que certains critères d’implantation doivent être adaptés. « On a constaté que l’enracinement était plus compliqué qu’en cas de semis. Résultat, les betteraves sont plus fourchues et pivotent moins bien, indique Pierre Lesage, nous nous demandons si les plants n’étaient pas trop développés. À priori, le stade 4 feuilles ne doit pas être dépassé lors de la mise en terre, or nous avons été jusqu’à 8 ». Le printemps froid et sec de l’année pourrait lui aussi avoir pénalisé le développement des plants.

Implantation optimale à 4/5 feuilles

Les essais de l’ITB ont également permis d’établir que ce stade de 4 à 6 feuilles maximum était optimal pour éviter les betteraves fourchues. « Nous testons aussi la profondeur de travail du sol avant l’implantation qui pourrait être un critère important » indique Ghislain Malatesta.

Trouver les plants parfaits : un travail génétique à mener

Les essais de Cristal Union ont également mis en lumière la nécessité d’ajuster les paper pots à la préparation des plantules de betteraves sucrières. L’objectif est de permettre une meilleure adaptation au repiquage.

Leur amélioration représente un axe de progrès à l’avenir. La coopérative aimerait également travailler sur la génétique pour développer les bonnes variétés. D’autant plus que les mini-mottes pourraient être plus sensibles aux maladies que les betteraves semées.

Des betteraves en mini-mottes plus sensibles aux maladies ?

« En 2019, nous avons constaté qu’il y avait un développement de cercosporiose plus important sur les betteraves implantées avec cette technique » relève Pierre Lesage. À l’inverse, les essais de l’ITB ont mis en évidence qu’avec les mini-mottes, taupin et tipule avaient plus de mal à faire disparaître le tubercule.