25 mai 2020
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Avec remonterletemps.ign.fr, comprenez l’historique et la productivité de vos parcelles agricoles

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Les parcelles agricoles d'aujourd'hui sont le fruit de la réunion de plusieurs parcelles, parfois quelques dizaines, d'avant le remembrement. Les champs portent fréquemment la trace de ces parcelles historiques. L'IGN aide les agriculteurs en leur donnant accès à des photographies aériennes d'avant le remembrement.
Par Cathy Pierre, Publié il y a 1 an à 20h05

Mis en ligne fin 2016, le site « Remonter le temps » de l’IGN (Institut géographique national)  regroupe un ensemble de données cartographiques et photographiques. Le service permet de visualiser en quelques clics l’évolution, au fil des années, de n’importe quel endroit du territoire national.

Pour les agriculteurs, cette plate-forme se révèle un formidable outil de compréhension de leurs terres et de l’origine de certaines hétérogénéités intra-parcellaires. En comparant les photographies aériennes actuelles (2015), avec celles prises à différentes périodes (2006-2010, 2000-2005 et 1950-1965), les agriculteurs accèdent à l’histoire de leurs parcelles, découvrent leur état avant le remembrement.

L’histoire des cultures et des pratiques humaines

Ce matériel d’étude est mis à disposition, gratuitement, pour le grand public. Mais le bureau d’études Defisol (Evreux, 27) l’utilise depuis plus de 15 ans. Les agronomes mettent en avant l’intérêt de remonter dans l’histoire des parcelles pour comprendre l’origine de certaines hétérogénéités : « Dans de nombreuses cartographies de rendements, nous avons des différences allant jusqu’à 50 % et qui suivent des coupes très franches. C’est clairement la trace des anciennes parcelles et des anciennes pratiques », décrit Charles Duval, chef de projet en agriculture de précision du bureau d’études Defisol et animateur du comité technologique de be Api (lire ci-dessous).

La réunion de 50 parcelles

« Une parcelle d’aujourd’hui, c’est souvent la réunion d’une cinquantaine de parcelles d’avant le remembrement », commente l’agronome. « La terre porte la marque non seulement des cultures qui y ont été implantées, mais aussi des pratiques humaines ».

Des carences différentes sous prairies ou vignes

Si l’historique n’explique pas, quelques tendances s’observent. Sur une ancienne prairie, les déficits en potassium et magnésie sont plus nombreux. Sur d’anciennes vignes ou d’anciens bois, comme il n’y a eu quasiment aucun apport d’éléments fertilisants sur une longue période, les agronomes remarquent des carences multiples, en phosphore notamment.

Mais, rien n’est systématique. Car « il existe presque autant de façons de fertiliser que d’agriculteurs. Certains la gèrent en « bon père de famille ». D’autres ont tendance à épuiser leurs terres. De plus, la fertilisation dépend aussi de la présence d’une activité d’élevage annexe », poursuit l’agronome. Et d’ajouter que le remembrement a fait disparaître des routes, des chemins, qui eux aussi marquent une parcelle de façon durable.

Même si l’examen des photos historiques ne permet pas d’avoir de réponse claire sur la stratégie à adopter pour corriger les déficits localisés, il donne des pistes et permet de positionner les prélèvements pour analyses de sol. Et cet examen constitue, il faut le reconnaître, un passe-temps fascinant pour tous ceux qui s’intéressent à l’évolution de leur territoire.

be Api : une solution complète pour les coop et leurs adhérents
Positionnée sur le créneau de l’agriculture de précision, la société be Appi a été fondée par Défisol, plusieurs coopératives et In Vivo. Défisol en est désormais la branche R&D.
Pour ses caractérisations de l’hétérogénéité intra-parcellaire et les moyens d’y remédier, be Api utilise les cartographies historiques de l’IGN, souvent sur plusieurs années (donc avec plus de données que celles disponibles sur le site Remonter le temps). Ces cartographies sont recoupées avec des données sur le sol (résistivité, conductivité, teneurs minérales des sols, pH, profil…), avec les cartes de rendements, pour donner des préconisations de modulations de fertilisation et d’adaptation des densités de semis.
Les solutions de be Api sont aujourd’hui disponibles pour 31 coopératives françaises et leurs adhérents.