15 février 2020
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Bien-être des éleveurs : ils prennent 2 à 3 semaines de vacances

Encore tabou il y a quelques années, les vacances sont maintenant monnaie courante dans le monde de l’élevage. Pour que ces périodes d’absence se déroulent sans mauvaises surprises, elles doivent être anticipées. Le Gaec de la Pouillerie, dans le Nord, a une organisation bien rodée. Ces agriculteurs aiment leurs vaches et leurs métiers, mais ils apprécient également de prendre des congés.
Par Paul Renaud, Publié il y a 6 mois à 11h02
Les attentes des nouvelles générations d’agriculteurs évoluent. Les conjoints et conjointes d’agriculteurs veulent jouir des mêmes congés que leurs collègues. « Au total ma compagne a 10 semaines de congé par an. Partir deux semaines seulement, c’est peu pour elle. Le sujet peut être source de légères tensions dans notre couple », confesse l’agriculteur.

« Nous prenons une semaine de vacances l’hiver et dix jours en été » témoigne Emilien Rose. Cet éleveur est associé avec son père, son frère et son oncle, au sein du Gaec de la Pouillerie à Houplin-Anscoine (Nord). Comme lui, de plus en plus d’agriculteurs s’organisent pour se libérer du temps libre. Cet usage, peu courant il y a quelques années, semble aujourd’hui démocratisé. Mais, sa mise en place dans une exploitation nécessite un minimum d’anticipation et d’organisation. Et la problématique se révèle d’autant plus complexe pour les éleveurs, dont l’astreinte d’entretien et d’alimentation des animaux est quotidienne. C’est le cas du Gaec de la Pouillerie. L’exploitation compte 120 vaches laitières, avec robot de traite, et 170 ha de blé, maïs, pomme de terre et betterave.

Une permanence avec trois associés sur quatre

« Nous nous organisons généralement pour que trois associés soient présents. Parfois deux périodes de congé se chevauchent. Cependant, mon frère et mon oncle ne partent pas en même temps, car ils sont les spécialistes de l’élevage » indique l’agriculteur. Pour planifier et enregistrer les dates d’absence de chacun, la méthode est basique et efficace. Les associés utilisent le tableau de suivi des vaches. Ils y inscrivent également les week-ends d’astreintes.

S’il est convenu que chacun puisse partir deux semaines et demie par an, les jours ne sont pas pour autant décomptés. « Mon oncle peut parfois prendre plus de congés. Mais, il est aussi plus présent durant l’année. C’est de l’entente entre les associés. Le tout est de ne pas exagérer » indique l’agriculteur.

En agriculture : prendre ses congés en période creuse

Afin de ne pas perturber les gros chantiers, les associés du Gaec ont défini les périodes à favoriser pour les congés. Dans ce sens, l’outil numérique Aptimiz permet d’appréhender exactement le temps de travail sur chaque période de l’année et par atelier.

Au sein du Gaec de la Pouillerie, l’hiver et le début d’été sont privilégiés pour partir en vacances. Chacun prend une semaine aux sports d’hiver, après la récolte des tubercules, mi-novembre, et le début des semis de printemps, mi-mars. Les vacances d’été sont, elles, programmées entre la fin des travaux au champ du printemps et la moisson en juillet. « De la fin de la moisson jusqu’au début de l’ensilage et des semis de céréales, nous n’avons pas besoin d’être à quatre. Nous pouvons également partir à cette période-là » commente Emilien Rose.

Des changements générationnels

Contrairement à son père et son oncle, Emilien Rose n’habite pas sur le corps de ferme. Si cette différence n’influe pas sur les longues périodes de congés, elle impacte le temps libre dans les périodes creuses. « Quand ils ont fini leurs tâches, mon père et mon oncle rentrent chez eux. Avec mon frère, nous nous libérerons donc du temps, même si nous n’habitions pas sur place. Par exemple, je prends quelques heures quand j’ai fini mon travail sur la ferme, pour aller à des réunions ou pour des activités personnelles ».