29 janvier 2020
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Aptimiz compte le temps de travail des agriculteurs et leur rentabilité horaire

L’outil de calcul du temps de travail Aptimiz permet aux exploitants agricoles de mesurer précisément le temps passé sur chaque atelier. L’idée est également de chiffrer la rentabilité horaire de certaines activités. Une information qui offre la possibilité de s’organiser pour se dégager des congés.
Par Paul Renaud, Publié il y a 10 mois à 07h01
Connaitre le temps réel passé sur chaque activité permet d’organiser et d’optimiser son remplacement pendant les congés.

Le temps de travail réel d’un agriculteur est-il quantifiable ? À première vue la tache semble irréalisable avec la spécificité de la profession. Et l’exercice se complique dans les activités d’élevage qui nécessitent une astreinte quotidienne. C’est pourtant le défi que s’est fixé la Start-Up Aptimiz, basée à Angers. Sa solution digitale d’enregistrement des heures de travail est commercialisée depuis juin. « L’idée de notre application est d’avoir une analyse fine et précise du temps passé sur chaque atelier. Avec ces informations, l’agriculteur peut gérer au mieux son organisation et son temps libre » explique Matthieu Carpentier, l’un des trois co-fondateurs de l’entreprise.

Comparer les rentabilités horaires sur l’exploitation agricole

La collecte des données par Aptimiz se fait via une application smartphone. Les chiffres sont ensuite exploitables sur une interface web. La première information concerne la répartition du temps de travail sur l’année. Son utilisation dépend de l’objectif recherché. « Un exploitant qui voudrait prendre des congés peut ainsi décider de regrouper certaines activités sur les mois les plus chargés pour se libérer des journées sur d’autres périodes. Cela donne aussi une idée du temps à passer pour la personne qui vient aider pendant les vacances », analyse le co-fondateur d’Aptimiz.

Connaitre son prix de revient à l’heure avant d’embaucher à 20 €/h

L’utilisateur peut aussi entrer dans le détail de chacune des activités de la ferme. En fonction des données économiques disponibles, il mettra en parallèle temps de travail et marge brute ou EBE. Le résultat obtenu représente une rentabilité horaire pour chaque atelier de la structure. « Si elle est supérieure à 30€/h, cela permet d’embaucher un salarié à 20€/h sur toute l’année ou sur des périodes précises pour partir en congé » explique Matthieu Carpentier. Aptimiz aide à orienter la stratégie de son exploitation agricole. Connaitre la rentabilité horaire permet de comparer les ateliers et de privilégier les plus rémunérateurs.

La géolocalisation comme base de calcul

Le fonctionnement d’Aptimiz repose sur une application smartphone. Pour enregistrer son temps travail, l’agriculteur doit uniquement allumer l’application le matin et l’éteindre le soir lorsqu’il a fini sa journée. « Quand un agriculteur s’équipe avec Aptimiz, toutes les zones de son exploitation sont rattachées à une activité propre. Ensuite, lorsque l’agriculteur se déplace avec l’application ouverte en poche, celle-ci peut définir exactement le temps passé sur chaque atelier grâce à la géolocalisation » indique Matthieu Carpentier. La précision va jusqu’à différencier le bureau du reste de la maison. Cette technique facilite l’enregistrement du temps de travail administratif et exclut les pauses déjeuners et autres activités non professionnelles.

En croisant le temps passé et les données économiques de la ferme, Aptimiz aide à définir une rentabilité horaire.  

Détecter les activités agricoles chronophages

« Nous avons réalisé des premiers tests avec un agriculteur qui voulait arrêter son atelier bovin allaitant. Il le trouvait trop chronophage en hiver. Finalement il s’est rendu compte qu’il surestimait son temps de travail durant cette saison à cause de la pénibilité de la manutention en bâtiment. Et en été, il travaillait plus que ce qu’il ne pensait » se rappelle le créateur d’Aptimiz. Après un an d’utilisation, le bilan indiquait une rentabilité de 30€/h. À l’aide de ce chiffre, l’agriculteur a pu réfléchir à un investissement mécanique. Il a ainsi réduit la pénibilité en hiver et conservé son activité allaitante. Une autre possibilité étudiée serait d’avoir recours à de la main d’œuvre, via le service de remplacement pour le soulager lors des grosses périodes d’activité.